Réseaux Sociaux d’Entreprise : Préférez la Simplicité
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Less is more. Cette phrase rendue célèbre par Leo Babauta et son livre The Power of Less est de plus en plus appliquée dans le monde du software.
C’est un peu le slogan de 37signals, éditeur d’applications web. L’entreprise crée volontairement des outils avec moins de fonctionnalités que la concurrence. Se tire-t-elle pour autant une balle dans le pied ? Non, c’est une excellente chose.
Pourquoi limiter le nombre de fonctionnalités des applications web est une bonne idée :
De fait, une application web avec moins de fonctionnalités c’est :
- un travail de développement moins important (ou alors une meilleure qualité pour le même coût), moins de spécialités à mobiliser, donc au final un prix plus compétitif ou un produit plus abouti. Une seule fonctionnalité demande d’ailleurs moins d’apprentissage / de formation, ce qui réduit encore les coûts globaux pour les utilisateurs.
- une plus grande réactivité face aux évolutions du marché. D’une part, il est plus facile de dépasser la concurrence si l’on concentre ses forces sur une fonctionnalité. D’autre part, c’est aussi plus rapide de créer des API compatibles avec des applications complémentaires.
- moins de confusion chez les clients : ils savent exactement ce qu’ils ont acheté et (normalement) ce qu’ils vont en faire.
- un outil qu’on peut compléter avec d’autres applications. Les clients ne sont pas coincés dans une solution tout-en-un. D’autant que la tendance actuelle sur le web est de maximiser la compatibilité et donc les ponts entre plusieurs applications spécialisées.
Certes, au final, l’addition de plusieurs petites applications peut revenir plus cher qu’une plateforme intégrée (et encore, j’ai de sérieux doutes). Mais l’avantage des premières, c’est qu’elles sont jetables. En partant sur du cloud computing, on n’engage pas de dépenses considérables, ce qui permet de valider les besoins des utilisateurs sans se ruiner.
La bonne idée serait donc de lancer une phase d’expérimentation avec de petites applications, pour au final choisir entre deux options :
- préférer la plateforme « tout-intégré » la plus adaptée aux besoins validés lors de l’expérimentation
- pérenniser les petites applications en faisant des demandes spécifiques de développement, et pourquoi pas en les prenant en local
Il faut savoir que, la plupart du temps, la deuxième solution reviendra moins cher et sera plus souple.
Pourquoi faut-il encore plus préférer la simplicité dans le cas d’un réseau social ?
Au lancement d’une plateforme, deux choses, notamment, sont primordiales :
- l’adoption par les collaborateurs
- l’atteinte des objectifs stratégiques assignés par le management
Laissons les objectifs du réseau de côté pour cette fois.
L’adoption des collaborateurs est guidée par :
- leur expérience des réseaux sociaux et des outils web 2.0 comme les blogs, les wikis
- leur motivation (guidée par une volonté de reconnaissance ou un intérêt dans leur travail, notamment)
- la carotte et le bâton qu’on leur fait miroiter
Nous parlons bien ici du cas d’une plateforme lancée de façon top-down, dans le cas d’un projet d’intégration globale de l’entreprise. De fait, si les deux premiers facteurs sont valables en cas d’émergence spontanée de communauté <> plateforme, ça n’est pas le cas pour le troisième.
On ne doit pas compter sur l’expérience des collaborateurs en web 2.0, même s’il arrive qu’on les sous-estime. Les geeks sont souvent là où on ne les attend pas
Il faut donc jouer sur leur motivation. Les collaborateurs doivent bien comprendre l’intérêt qu’ils ont à utiliser ces outils. Et pour bien comprendre, mieux vaut qu’ils n’en aient pas 10 à utiliser en même temps.
On pourra commencer par mettre un simple forum en place, pour y ajouter ensuite un wiki pour la réification du contenu. Puis, plus tard, si d’autres besoins émergent, il est toujours possible d’ajouter des applications complémentaires, en créant des ponts entre-elles. Au final, on en revient au choix précédent entre une plateforme intégrée ou la pérennisation de l’existant. Et ce choix, c’est souvent aux DSI qu’il revient. Mais vous le savez, la seule constante c’est le changement. Préférez l’agilité !








