sept 24 2010

Réseaux Sociaux d’Entreprise : Préférez la Simplicité

Préférez le Cloud Computing

Less is more. Cette phrase rendue célèbre par Leo Babauta et son livre The Power of Less est de plus en plus appliquée dans le monde du software.

C’est un peu le slogan de 37signals, éditeur d’applications web. L’entreprise crée volontairement des outils avec moins de fonctionnalités que la concurrence. Se tire-t-elle pour autant une balle dans le pied ? Non, c’est une excellente chose.

Pourquoi limiter le nombre de fonctionnalités des applications web est une bonne idée :

De fait, une application web avec moins de fonctionnalités c’est :

  • un travail de développement moins important (ou alors une meilleure qualité pour le même coût), moins de spécialités à mobiliser, donc au final un prix plus compétitif ou un produit plus abouti. Une seule fonctionnalité demande d’ailleurs moins d’apprentissage / de formation, ce qui réduit encore les coûts globaux pour les utilisateurs.
  • une plus grande réactivité face aux évolutions du marché. D’une part, il est plus facile de dépasser la concurrence si l’on concentre ses forces sur une fonctionnalité. D’autre part, c’est aussi plus rapide de créer des API compatibles avec des applications complémentaires.
  • moins de confusion chez les clients : ils savent exactement ce qu’ils ont acheté et (normalement) ce qu’ils vont en faire.
  • un outil qu’on peut compléter avec d’autres applications. Les clients ne sont pas coincés dans une solution tout-en-un. D’autant que la tendance actuelle sur le web est de maximiser la compatibilité et donc les ponts entre plusieurs applications spécialisées.

Certes, au final, l’addition de plusieurs petites applications peut revenir plus cher qu’une plateforme intégrée (et encore, j’ai de sérieux doutes). Mais l’avantage des premières, c’est qu’elles sont jetables. En partant sur du cloud computing, on n’engage pas de dépenses considérables, ce qui permet de valider les besoins des utilisateurs sans se ruiner.

La bonne idée serait donc de lancer une phase d’expérimentation avec de petites applications, pour au final choisir entre deux options :

  1. préférer la plateforme « tout-intégré » la plus adaptée aux besoins validés lors de l’expérimentation
  2. pérenniser les petites applications en faisant des demandes spécifiques de développement, et pourquoi pas en les prenant en local

Il faut savoir que, la plupart du temps, la deuxième solution reviendra moins cher et sera plus souple.

Pourquoi faut-il encore plus préférer la simplicité dans le cas d’un réseau social ?

Au lancement d’une plateforme, deux choses, notamment, sont primordiales :

  1. l’adoption par les collaborateurs
  2. l’atteinte des objectifs stratégiques assignés par le management

Laissons les objectifs du réseau de côté pour cette fois.

L’adoption des collaborateurs est guidée par :

  • leur expérience des réseaux sociaux et des outils web 2.0 comme les blogs, les wikis
  • leur motivation (guidée par une volonté de reconnaissance ou un intérêt dans leur travail, notamment)
  • la carotte et le bâton qu’on leur fait miroiter

Nous parlons bien ici du cas d’une plateforme lancée de façon top-down, dans le cas d’un projet d’intégration globale de l’entreprise. De fait, si les deux premiers facteurs sont valables en cas d’émergence spontanée de communauté <> plateforme, ça n’est pas le cas pour le troisième.

On ne doit pas compter sur l’expérience des collaborateurs en web 2.0, même s’il arrive qu’on les sous-estime. Les geeks sont souvent là où on ne les attend pas ;) Il faut donc jouer sur leur motivation. Les collaborateurs doivent bien comprendre l’intérêt qu’ils ont à utiliser ces outils. Et pour bien comprendre, mieux vaut qu’ils n’en aient pas 10 à utiliser en même temps.

On pourra commencer par mettre un simple forum en place, pour y ajouter ensuite un wiki pour la réification du contenu. Puis, plus tard, si d’autres besoins émergent, il est toujours possible d’ajouter des applications complémentaires, en créant des ponts entre-elles. Au final, on en revient au choix précédent entre une plateforme intégrée ou la pérennisation de l’existant. Et ce choix, c’est souvent aux DSI qu’il revient. Mais vous le savez, la seule constante c’est le changement. Préférez l’agilité !


août 26 2010

Entreprise 2.0 : Ce Ne Sont Pas Les Outils Qui Font Un Réseau Social Réussi

Carte Française du web 2.0

Image via Wikipedia

Ça peut paraître bateau mais je pense qu’un petit rappel ne ferait de mal à personne. En entreprise, les managers se plaignent souvent que les outils de collaboration et de gestion documentaire sont peu utilisés par leurs collaborateurs.

Pourquoi ?

Parce que l’interface n’est pas sexy ? Certes, avec la multiplication des outils Web 2.0, la plupart des employés sont accrocs aux interfaces ergonomiques, couleurs flashy et autres boutons designés , mais là n’est pas le problème (même si je dois reconnaître qu’un logiciel moche et mal pensé n’est pas franchement agréable à utiliser ;) ).

Ce qui manque la plupart du temps, c’est l’accompagnement. Il doit avoir lieu en amont et en aval de l’installation de la plateforme collaborative

  1. En amont, il faut aménager la plateforme pour les collaborateurs et évaluer leurs besoins de façon à l’intégrer dans le workflow. On créera idéalement un guide d’utilisation de la plateforme en fonction :
    • de la stratégie du réseau social
    • des attentes des collaborateurs (en distinguant animateurs et membres lambda) par rapport à la plateforme
  2. En aval, il faut animer les communauté formées. Pour cela, on formera des community managers internes, souvent choisis parmi les employés les plus geek. Ils devront pouvoir disposer de statistiques détaillées, pour mesurer l’impact de leurs actions sur la ou les communautés dont ils ont la charge. Leurs rôles ne sont d’ailleurs pas les mêmes en fonction de l’outil choisi. De fait, un community manager sera par exemple :
    • Modérateur sur un forum
    • Editeur sur un wiki
    • Blogueur sur un blog (oui je sais, facile ;) )

juil 7 2010

Facebook Et Ses Fan-Pages Vous Rapportent-elles (Vraiment) 136 Dollars Par Fan ?

Fan-Page Facebook

Nokia, BlackBerry, Motorola, Secret, … Ces marques font partie des 20 grandes entreprises dont les fan-pages ont-été passées au crible par Syncapse. L’entreprise estime la valeur moyenne d’un fan sur Facebook à 136,38 dollars.

Cette étude a fait du bruit, vous pouvez la retrouver sur reseaux-professionnels.fr et commentcamarche.net . Attention cependant à ne pas tout mélanger. Prenons le post de reseaux-professionnels : « 136 dollars de bénéfice direct : c’est ce que chacun de vos fans Facebook rapportera à votre marque ». De quoi faire rugir de plaisir le CAC 40 ! Mais en fait, l’auteur du post a inversé la relation de cause à effet.

C’est l’expression « bénéfice direct » qui me turlupine. Parlons plutôt de valeur, comme c’est le cas dans l’étude. Si on « aime » la page Facebook de Coca-Cola, nos « amis » verront nous « aimons », certains « aimeront » et les « amis » de nos « amis » verront que … Bref, vous connaissez tout ça !

Alors peut-être qu’en « aimant » la page d’une grande marque, on a amené d’autres personnes à « aimer » cette page, mais … ça s’arrête-là. On a rien acheté parce qu’ on a « aimé » la page de l’entreprise. Peut-être que la page est très bien fichue et pousse à l’achat. Mais primo, dans ce cas on ne parle pas de bénéfice direct, et deuxio, qui d’entre vous visite plus d’une fois les fan-pages qu’il a « aimé » ?

Enfonçons le clou. Les fans d’une marque sur Facebook dépensent en moyenne 71,84 dollars par an de plus que les clients non-fans. Coquette somme. Mais si je suis fan d’une marque sur Facebook, c’est que je l’apprécie. Donc que j’achète plus ses produits que le client lambda. Et pas l’inverse !


juin 27 2010

Twitter : Un Canal De Publicité Comme Les Autres ?

Twitter accepte la publicité

Les finales de la NBA de la semaine dernière ont permis à Twitter de battre un nouveau record. 3282 tweets par seconde. Alléchant pour les publicitaires, n’est-ce pas ?

La moyenne, à 750 tweets par seconde, est certes plus modeste mais attire les convoitises. Après Disney pour Toy Story (cf. image ci-dessus), c’est Coca Cola qui a franchi le pas. Le géant de la boisson marron avec des bulles a en effet obtenu un petit « promoted » dans la barre latérale « Trending » de twitter.com. En cliquant dessus, les tweetusers anglophones arrivaient sur un tweet félicitant les équipes anglaises et américaines, donnant des liens vers YouTube et les poussant à fêter la victoire avec leurs amis.

Sur les 86 millions d’impressions de page, 6% ont conduit à un clic sur le lien sponsorisé. Coca-Cola a déclaré en être « très satisfait ».

Nul doute que ce type de campagne va se multiplier. La question est : jusqu’à quel point ? Les tweetusers sont déjà lassés par la télévision et les sites web conventionnels, couverts de pubs. Vont-ils réagir ? Twitter affirme que l’opération Coca-Cola « n’était pas de la publicité ». Une non-publicité à plusieurs dizaines de milliers de dollars, tout de même ;)

Coca fait de la pub sur Twitter

source : Mashable


juin 23 2010

Grandes Entreprises Et Médias Sociaux : Facebook, Twitter, YouTube Et Blogs Corporate

médias sociaux

(Cliquez pour zoomer)

Depuis que je travaille avec de très grandes entreprises, je m’intéresse à leur stratégie sur les réseaux sociaux.

A propos des entreprises Fortune 100 en Europe :

  • 25% ont un blog corporate
  • 71% ont un compte Twitter
  • 52% ont une page Facebook
  • 52% ont une chaîne YouTube

On voit bien que les gros mastodontes ont pris en compte les médias sociaux dans leur stratégie.
La question maintenant c’est de savoir si échange avec les internautes il y a.

Parce que
Médias Sociaux + Communication Top Down = Intérêt Proche de 0

J’aimerais avoir le même genre de chiffres pour les outils collaboratifs et les intranets 2.0. C’est là qu’est le véritable enjeu aujourd’hui.

Source de l’image : Webilus


mai 29 2010

Le Secret de la Motivation par Daniel Pink

La vidéo qui suit est un discours de Daniel Pink, brillament illustré par la Royal Society for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce (RSA). Attention, c’est en anglais !

Pourquoi cette vidéo sur mon blog ?

L’Entreprise 2.0 peut faire tomber des barrières dans l’entreprise. Elle permet aux gens de travailler avec les collaborateurs qu’il veulent, même hors de leur service. Elle leur donne plus de liberté, les libérant d’un manager trop contraignant, le cas échéant. Elle leur donne de l’autonomie, donc améliore leur implication.

Un outil ludique peut aussi stimuler les employés. Apprendre à le maîtriser et à faire des choses intéressantes avec (on parle de mastery dans la vidéo) est un bon moyen de les intéresser. Encore faut-il que cet outil soit suffisamment intéressant.

La création de communautés à l’intérieur et/ou à l’extérieur de l’entreprise (ou les deux en même temps) donne à cette dernière et à ces produits une raison d’être. Et donc une raison de travailler pour elle aux employés. C’est le fameux purpose de la vidéo.

via crowdSPRING Blog


avr 24 2010

Certification PMI : quelle utilité pour la Gestion de Projet dans le monde de l’Entreprise 2.0 ?

Je passe actuellement beaucoup de temps à préparer l’examen de la Certification PMI dans le cadre de ma spécialisation en Systèmes d’Information. Mais qu’est-ce donc, me direz-vous ? La première certification PMI a été lancée par le Project Management Institute (PMI) en 1984. Cette association professionnelle reconnue, dont le siège est à Philadelphie, propose plusieurs types de certifications orientées gestion de projet :

  • Le Certified Associates in Project Management (CAPM). C’est le niveau de base, proposé notamment aux étudiants, et c’est celui pour lequel je me prépare.
  • Le Project Management Professional (PMP) : c’est la certification supérieure, la plus (re)connue
  • Le Program Management Professional (PgMP)
  • PMI Risk Management Professional (PMI-RMP)
  • PMI Scheduling Professional (PMI-SP)

Je ne parlerai dans ce post que des deux premières, pour la raison simple que ce sont les seules que je connais.

La Certification PMI vous donne des bonnes pratiques et des standards de Gestion de Projet, reconnus internationalement (ou plutôt reconnus par les Américains donc … internationalement). Une fois certifié, vous êtes plus rigoureux dans vos projets et risquez de commettre moins d’erreurs. Mais n’est-ce  pas  problématique alors que les entreprises rentrent de plus en plus dans des logiques d’Entreprise 2.0 ? De fait, spontanéité et innovation sont valorisées, et elles peuvent être bloquées si les procédures de l’entreprise sont trop lourdes.
Avant de répondre, voici quelques informations sur la Certification PMI, qui vous permettront d’y voir plus clair.

Être certifié PMI vous apporte trois avantages majeurs sur la concurrence :

  • Performance de vos projets : en tant que chef de projet (ou Projet Manager), vous risquez de moins commettre d’erreurs puisque vous avez un guide de qualité pour vous aider, qui vous garantit au moins que vous n’oubliez rien. Or une erreur de gestion, si petite soit-elle, dans un projet de grande ampleur comme la construction d’un pont, peut coûter très cher à l’entreprise, et vous coûter votre poste !
  • Rémunération plus importante : le fait d’être Certifié PMI garantit aux yeux de votre employeur vos compétences en Gestion de Projet. Le gain de salaire par rapport à un chef de projet non certifié peut être de l’ordre de 15 – 20% environ.
  • Employabilité : aux Etats-Unis, la Certification PMI devient de plus en plus un pré requis nécessaire pour commencer sa carrière en Gestion de Projet, et c’est d’autant plus vrai pour des multinationales comme HP (hp.com), qui ont de plus en plus de Chefs de Projet PMP. Dans tous les cas, et même en France (où, soyons réaliste, la plupart des gens n’ont jamais entendu parler de cette certification), elle vous donnera un avantage sur les autres candidats aux yeux des recruteurs.

Comment être certifié PMI ?

L’examen se fait sous forme d’un QCM : 150 questions pour le CAPM et 200 pour le PMP. Vous devez pouvoir justifier d’une expérience en gestion de projet. Pour le CAPM, par exemple, soit vous avez derrière vous 1500 heures ( !) de Gestion de Projet sur le terrain, soit vous avez suivi 23 heures de cours de Certification PMI (proposé dans certaines écoles de commerce notamment). La différence est énorme : le PMI met clairement l’accent sur la théorie et les best practices.
Si vous répondez correctement à 65 % des questions, vous êtes certifié ! Ne sautez pas au plafond tout de suite, l’examen est très dur et les questions cauchemardesques. Vous pouvez aller faire un tour sur pmexam, rubrique « Daily Digest », pour vous faire une idée de ce qui vous attend, avec une question différente par jour.
En plus des 23 heures de cours, vous aurez pour réussir le CAPM à travailler environ 100 heures sur le PMBOK (180 pour le PMP). Surtout n’oubliez-pas d’acheter votre PMBOK en anglais (cliquez sur l’image au début de l’article) étant donné que le QCM est aussi en anglais ! La différence entre les deux examens se fait d’une part sur le nombre de questions, mais aussi sur le fait que seul le PMP nous confronte à des questions « situationnelles », où il nous est demandé de donner la meilleure solution possible à un problème donné.

Toutes les réponses aux questions ne sont d’ailleurs pas dans le PMBOK. Tout le Body of Knowledge de la Gestion de Projet ne pouvait pas rentrer dans un seul livre. Pour compléter le PMBOK, le Project Management Institue nous invite dans les annexes à lire des livres proposés par d’autres éditeurs, comme McGraw-Hill et Gower Press.

La Certification PMI a-t-elle une place dans le monde de l’Entreprise 2.0 et du Web 2.0 en général ?

Certains disent que bientôt les outils Web 2.0 de Gestion de Projet seront tellement performants que l’on aura plus besoin de chef de projet. Quel intérêt, alors, d’être certifié ?

Avant d’en arriver là, on peut déjà parler de l’effet qu’a un chef de projet certifié PMI sur son équipe projet. Le PMBOK met l’accent sur le Développement et le Management de l’équipe projet, dans la rubrique « Project Human Resource Management ». En améliorant l’environnement de l’équipe projet, par la création d’une charte commune, par exemple, le chef de projet améliore la collaboration . Premier lien avec l’Entreprise 2.0.

La certification PMI n’est-elle pas un peu rigide dans le monde de l’Entreprise 2.0 ?

La Gestion de Projet est un domaine qui a désespérément besoin de rigueur et de bonnes pratiques. La complexité des projets au sein des entreprises est telle, à cause notamment de la multitude d’acteurs impliqués, mais aussi et surtout à cause des sommes souvent phénoménales qui sont mises sur la table, que l’à peu près ne peut-être toléré.

Alors la vraie question, quelle est-elle ? A mon sens, il convient plutôt de se demander ce que peut faire l’Entreprise 2.0 pour la gestion de projet, et la Certification PMI. Pour un grand nombre de processus décrits dans le PMBOK, le fait d’impliquer au maximum les membres de l’équipe projet (et donc de ne pas laisser le chef de projet faire ses petites affaires dans son coin), permet d’arriver à des résultats plus précis.

C’est notamment le cas dans le processus 6.1.2 : Définir les Activités. La définition précise des activités nécessaires au rendu des livrables est bien évidemment mieux faite lorsque chaque membre de l’équipe projet contribue à définir, à l’aide de ses connaissances et de son expérience personnelle, l’activité qui le concerne. Cet exemple montre bien que la collaboration est importante en Gestion de Projet. Si les outils orientés Entreprise 2.0 permettent de l’améliorer un sein de l’équipe projet, alors ils permettent tout simplement une meilleure Gestion de Projet !

Peut-on parler de Gestion de Projet 2.0 ?

De plus en plus de gens parlent de Gestion de Projet 2.0, notamment sur les blogs anglophones. Mais est-ce que c’est justifié ?
Je me suis naïvement demandé ce que le 2.0 venait faire là. C’est de fait la mode en ce moment mais au moins faut-il que ça porte du sens !

Sur le blog anglophone intitulé Project Management 2.0, Andrew Filev explique « l’impact des technologies Entreprise 2.0 sur la Gestion de Projets d’aujourd’hui, ainsi que sur les entreprises dans leur globalité » (source : son Blog, page About).
Le Project Management 2.0 serait donc tout simplement la Gestion de Projet mise à l’heure de l’Entreprise 2.0 ? Pour y voir plus clair, et si vous déchiffrez la langue de Shakespeare, on commence par un post sur Comment la Technologie Affecte la Gestion de Projet.

La Google génération, ou génération de l’instantané

L’auteur du post, Elizabeth Harrin, parle de la « Google Generation » à laquelle presque tous les internautes font partie désormais. De fait, les parties prenantes du projet ont l’habitude d’accéder à toute l’information qu’ils souhaitent d’un simple clic. Ils attendent donc du Chef de Projet qu’il réponde très rapidement à leurs questions sur l’avancement du projet, si ce n’est en temps réel. Auparavant, ils n’avaient accès à cette information qu’une fois par mois, lors des réunions de l’équipe projet avec toutes les parties prenantes. En résumé, le Chef de Projet doit plus que jamais être au courant de l’avancement de son projet.

Tout cela est intéressant, mais on d’une part en tant que Digital Native, je ne me sens pas concerné par cette « révolution Google », et d’autre part, on ne trouve aucune mention d’Entreprise 2.0 dans cet article !

J’ai donc cherché un peu dans le même blog une définition du Project Management 2.0 et je suis tombé sur ça : « Le Management de Projet 2.0 est une façon de manager les projets définie par l’utilisation d’outils de gestion de projet online, émergents et collaboratifs, et qui servent de moteur à l’intelligence collective, la productivité et le leadership projet, facteurs principaux du succès d’un projet. »

Même si l’auteur de cette définition n’en parle jamais, il s’est très fortement inspiré de la définition d’Andrew McAfee sur l’Entreprise 2.0. Cela se retrouve dans les termes utilisés (comme émergent !) ainsi que dans la façon dont est structurée la page.

Au-delà de ça, le sujet est très controversé. Dans les commentaires qui suivent la définition d’Andrew Filev, certains lecteurs disent que la collaboration n’a pas attendu le Web 2.0 pour se mettre en place dans les projets, et heureusement pour ces mêmes projets d’ailleurs ! La justification de ce « 2.0 » est donc difficile à faire. Je vous invite donc à vous faire votre propre opinion à l’aune de votre expérience personnelle ! J’attendrais en tous cas d’avoir plus d’expérience en Gestion de Projet pour voir ce que les outils apportent réellement.

Au passage, j’ai trouvé le terme « plog » assez amusant. C’est un type de blog dédié à la Gestion d’un Projet donné. Très Web 2.0 dans l’idée, cet outil permet à tous les membres de l’équipe projet de communiquer sur l’avancement de leur travail sans pour autant s’envoyer des tonnes de mails. Cela me semble par contre assez peu avancé par rapport même à un simple Google Docs, mais ça a le mérite d’exister !

Le Project Management 2.0 : une collaboration durable et permanente.

C’est en lisant cet article d’Andrew Filev sur l’Intelligence Collective que j’ai compris le sens du post d’ Elizabeth Harrin sur la Google Generation, dont nous avons parlé ci-dessus.

Les outils de l’Entreprise 2.0 appliqués à la Gestion de Projet (les outils PM 2.0, en fait) permettent une collaboration permanente entre toutes les parties prenante (stakeholders) au projet. Auparavant, tout le monde devait passer par le chef de Projet pour obtenir des informations sur l’avancement du projet et sur les attentes des autres parties prenantes. Aujourd’hui, tout le monde peut avoir accès à tout.

Cela crée de nouveaux risques, à mon sens, pour la Gestion de Projet. L’équipe projet peut de fait perdre le contrôle sur son projet si toutes les parties prenantes expriment des réserves en permanence, et surtout voir tout ce que font les autres en permanence. Il faut pouvoir, au sein des outils de Project Management 2.0, instaurer un contrôle sur l’information. Le client (customer) peut par exemple exiger d’avoir accès aux conversations de l’équipe projet en permanence, ce qui pourrait conduire à une inhibition des membres de cette même équipe.

Les dérives possibles sont nombreuses, et les Chefs de Projet 2.0 doivent en être bien conscient pour s’y préparer et choisir des outils qu’ils maîtrisent correctement. Le choix du bon outil se révèle en fait critique dans la réussite d’un projet.

Le Project Management 2.0 : de nouveaux défis pour les Chefs de Projet ?

Voilà ce qui fait, pour moi, l’intérêt de créer le terme Project Management 2.0 : que les Chefs de Projets prennent conscience des nouveaux enjeux auxquels ils vont devoir faire face. Les parties prenantes sont en effet de plus en plus conscientes des outils de Project Management 2.0, et elles vont surement vouloir être de plus en plus intégrées à l’avancement du projet, voire choisir carrément l’outil de Project Management 2.0, comme pourrait le faire le client du projet, par exemple.

La Certification PMI doit se mettre à l’heure de l’Entreprise 2.0.

J’ai parcouru le PMBOK Guide en long et en large et nulle part il est fait mention d’Entreprise 2.0. Les outils décrits par le Project Management Institute sont des Project Management Softwares, de façon très générale. Ils sont présentés essentiellement comme des outils d’aide à la décision.

Nous avons vu précédemment que l’Entreprise 2.0 (ou le Project Management 2.0, comme vous préférez, cher lecteur) fait peser de nouveaux risques sur les épaules des chefs de projet, et notamment celui de perdre le contrôle du projet par une omniprésence des parties prenantes dans toutes les étapes de ce même projet. Il doit donc y être préparé, et la Certification PMI est toute indiquée.

Apparemment, le Project Management Institute a créé un New Media Council, dont font partie Elizabeth Harrin et Andrew Filev, pour répondre à ces enjeux. Affaire à suivre !


avr 12 2010

Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ?

Cela fait un mois maintenant que j’ai lancé ce blog sur l’Entreprise 2.0 et je ne vous ai toujours pas dit ce que c’était ! La plupart des acteurs et penseurs de l’Entreprise 2.0 ont leur propre définition, qui découle de leur expérience de l’entreprise et de l’arrivée des outils Web 2.0 dans cette dernière. Moi pas ! Je ne suis encore qu’un simple étudiant ; je me suis donc servi des réflexions des autres pour vous l’expliquer.

Andrew McAfee est l’éminent chercheur qui a créé le terme Entreprise 2.0 au printemps 2006. Pour lui, l’Entreprise 2.0 c’est l’utilisation de plateformes d’outils sociaux émergents à l’intérieur des entreprises, ou entre les entreprises et leurs partenaires et/ou clients.

Ca n’est pas forcément très clair au premier abord, ni même au deuxième d’ailleurs. Pour l’expliquer, McAfee précise les termes suivants :

  1. Emergents : les systèmes émergents comportent un grand nombre d’acteurs autonomes qui agissent en suivant leur intérêt propre. Chacun fait ses petites actions, contribuant par là à créer un système global et très structuré (comme une fourmilière). Les intranets des entreprises, gérés par le service SI, ne sont de fait pas émergents, contrairement aux outils Web 2.0 qui permettent notamment de placer des tags ou des liens hypertextes. McAfee ajoute que les outils à but communautaire et pas individuel, comme les Digg-like de type Wikio favorisent cette émergence, mais risquent de croitre moins vite que les outils que les internautes utilisent pour eux-même.
  2. De forme libre : optionnels, pas affectés par la hiérarchie de l’organisation, et acceptant plusieurs types de données.
  3. Plateformes : environnements digitaux où les contributions et les discussions sont visibles globalement et durablement (ce qui exclut les mails et les messages instantanés de type Skype ou Messenger).

Poursuivons avec Bertrand Duperrin qui produit régulièrement du contenu sur l’Entreprise 2.0.
B.Duperrin critique la vision d’Andrew McAfee, plus focalisée sur les outils qui font l’Entreprise 2.0 que sur l’entreprise elle-même. Je le cite : « l’Entreprise 2.0 n’est pas une entreprise qui utilise des blogs et des wikis ». De fait, dans sa définition, McAfee ne considère pas les dynamiques portées par les individus à l’intérieur de l’entreprise, mais se concentre seulement sur les outils.

Voilà la définition de Bertrand Duperrin sur l’Entreprise 2.0. N’hésitez pas à lire toute la page où il décrit le processus qui l’a amené à cette définition : c’est très instructif.

« L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens permettant l’éclosion de dynamiques portées par les individus dans le but d’adapter l’entreprise aux enjeux de l’économie de la connaissance et aux évolutions sociétales, sous contrainte de sa culture et de son contexte. »

Dans la définition de Duperrin, on retrouve bien la mise en œuvre d’outils, mais cette fois avec comme pré requis un certain contexte au sein de l’entreprise. Pensons aux outils de l’Entreprise 2.0. Pour McAfee, ils doivent être d’un certain type (émergents, notamment), alors que Duperrin précise qu’ils doivent permettre à de nouvelles dynamiques d’éclore au sein de l’entreprise.

Ce sont des dynamiques similaires à celles auxquelles on a assisté ces dernières années, portées par le Web 2.0 (ce côté petites contributions pour résultat global et très structuré, bien décrit par … McAfee) et les outils du même nom. Elles ne demandent qu’à arriver en entreprise, pour peu que ces dernières aient la culture adéquate et les outils adaptés.

A mon sens, McAfee et Duperrin parlent bien de la même chose. Le premier se focalise sur les outils, le second sur l’entreprise et les individus. Cependant, on se rend bien compte que la définition de Duperrin est plus proche de la réalité car plus complète : les outils seuls ne pourront jamais permettre à une entreprise de devenir tout à coup « 2.0 ». Tout d’abord parce que cela peut nous amener à croire que tel outil est mieux que les autres, ou, pire, que tel outil fonctionne dans toutes les entreprises. On manquerait ainsi l’étape majeure d’observation – analyse des comportements des employés au quotidien, qui permet simplement aux outils 2.0 d’être utiles et … utilisés.

Désormais vous devriez à peu près savoir de quoi on parle ! La question qui se pose maintenant c’est … à quoi ça sert ? L’éclosion de dynamiques portées par les individus, oui, mais dans quel but ? Tout cela sera le sujet d’un prochain article.