août 26 2010

Entreprise 2.0 : Ce Ne Sont Pas Les Outils Qui Font Un Réseau Social Réussi

Carte Française du web 2.0

Image via Wikipedia

Ça peut paraître bateau mais je pense qu’un petit rappel ne ferait de mal à personne. En entreprise, les managers se plaignent souvent que les outils de collaboration et de gestion documentaire sont peu utilisés par leurs collaborateurs.

Pourquoi ?

Parce que l’interface n’est pas sexy ? Certes, avec la multiplication des outils Web 2.0, la plupart des employés sont accrocs aux interfaces ergonomiques, couleurs flashy et autres boutons designés , mais là n’est pas le problème (même si je dois reconnaître qu’un logiciel moche et mal pensé n’est pas franchement agréable à utiliser ;) ).

Ce qui manque la plupart du temps, c’est l’accompagnement. Il doit avoir lieu en amont et en aval de l’installation de la plateforme collaborative

  1. En amont, il faut aménager la plateforme pour les collaborateurs et évaluer leurs besoins de façon à l’intégrer dans le workflow. On créera idéalement un guide d’utilisation de la plateforme en fonction :
    • de la stratégie du réseau social
    • des attentes des collaborateurs (en distinguant animateurs et membres lambda) par rapport à la plateforme
  2. En aval, il faut animer les communauté formées. Pour cela, on formera des community managers internes, souvent choisis parmi les employés les plus geek. Ils devront pouvoir disposer de statistiques détaillées, pour mesurer l’impact de leurs actions sur la ou les communautés dont ils ont la charge. Leurs rôles ne sont d’ailleurs pas les mêmes en fonction de l’outil choisi. De fait, un community manager sera par exemple :
    • Modérateur sur un forum
    • Editeur sur un wiki
    • Blogueur sur un blog (oui je sais, facile ;) )

mai 29 2010

Le Secret de la Motivation par Daniel Pink

La vidéo qui suit est un discours de Daniel Pink, brillament illustré par la Royal Society for the encouragement of Arts, Manufactures and Commerce (RSA). Attention, c’est en anglais !

Pourquoi cette vidéo sur mon blog ?

L’Entreprise 2.0 peut faire tomber des barrières dans l’entreprise. Elle permet aux gens de travailler avec les collaborateurs qu’il veulent, même hors de leur service. Elle leur donne plus de liberté, les libérant d’un manager trop contraignant, le cas échéant. Elle leur donne de l’autonomie, donc améliore leur implication.

Un outil ludique peut aussi stimuler les employés. Apprendre à le maîtriser et à faire des choses intéressantes avec (on parle de mastery dans la vidéo) est un bon moyen de les intéresser. Encore faut-il que cet outil soit suffisamment intéressant.

La création de communautés à l’intérieur et/ou à l’extérieur de l’entreprise (ou les deux en même temps) donne à cette dernière et à ces produits une raison d’être. Et donc une raison de travailler pour elle aux employés. C’est le fameux purpose de la vidéo.

via crowdSPRING Blog


avr 24 2010

Certification PMI : quelle utilité pour la Gestion de Projet dans le monde de l’Entreprise 2.0 ?

Je passe actuellement beaucoup de temps à préparer l’examen de la Certification PMI dans le cadre de ma spécialisation en Systèmes d’Information. Mais qu’est-ce donc, me direz-vous ? La première certification PMI a été lancée par le Project Management Institute (PMI) en 1984. Cette association professionnelle reconnue, dont le siège est à Philadelphie, propose plusieurs types de certifications orientées gestion de projet :

  • Le Certified Associates in Project Management (CAPM). C’est le niveau de base, proposé notamment aux étudiants, et c’est celui pour lequel je me prépare.
  • Le Project Management Professional (PMP) : c’est la certification supérieure, la plus (re)connue
  • Le Program Management Professional (PgMP)
  • PMI Risk Management Professional (PMI-RMP)
  • PMI Scheduling Professional (PMI-SP)

Je ne parlerai dans ce post que des deux premières, pour la raison simple que ce sont les seules que je connais.

La Certification PMI vous donne des bonnes pratiques et des standards de Gestion de Projet, reconnus internationalement (ou plutôt reconnus par les Américains donc … internationalement). Une fois certifié, vous êtes plus rigoureux dans vos projets et risquez de commettre moins d’erreurs. Mais n’est-ce  pas  problématique alors que les entreprises rentrent de plus en plus dans des logiques d’Entreprise 2.0 ? De fait, spontanéité et innovation sont valorisées, et elles peuvent être bloquées si les procédures de l’entreprise sont trop lourdes.
Avant de répondre, voici quelques informations sur la Certification PMI, qui vous permettront d’y voir plus clair.

Être certifié PMI vous apporte trois avantages majeurs sur la concurrence :

  • Performance de vos projets : en tant que chef de projet (ou Projet Manager), vous risquez de moins commettre d’erreurs puisque vous avez un guide de qualité pour vous aider, qui vous garantit au moins que vous n’oubliez rien. Or une erreur de gestion, si petite soit-elle, dans un projet de grande ampleur comme la construction d’un pont, peut coûter très cher à l’entreprise, et vous coûter votre poste !
  • Rémunération plus importante : le fait d’être Certifié PMI garantit aux yeux de votre employeur vos compétences en Gestion de Projet. Le gain de salaire par rapport à un chef de projet non certifié peut être de l’ordre de 15 – 20% environ.
  • Employabilité : aux Etats-Unis, la Certification PMI devient de plus en plus un pré requis nécessaire pour commencer sa carrière en Gestion de Projet, et c’est d’autant plus vrai pour des multinationales comme HP (hp.com), qui ont de plus en plus de Chefs de Projet PMP. Dans tous les cas, et même en France (où, soyons réaliste, la plupart des gens n’ont jamais entendu parler de cette certification), elle vous donnera un avantage sur les autres candidats aux yeux des recruteurs.

Comment être certifié PMI ?

L’examen se fait sous forme d’un QCM : 150 questions pour le CAPM et 200 pour le PMP. Vous devez pouvoir justifier d’une expérience en gestion de projet. Pour le CAPM, par exemple, soit vous avez derrière vous 1500 heures ( !) de Gestion de Projet sur le terrain, soit vous avez suivi 23 heures de cours de Certification PMI (proposé dans certaines écoles de commerce notamment). La différence est énorme : le PMI met clairement l’accent sur la théorie et les best practices.
Si vous répondez correctement à 65 % des questions, vous êtes certifié ! Ne sautez pas au plafond tout de suite, l’examen est très dur et les questions cauchemardesques. Vous pouvez aller faire un tour sur pmexam, rubrique « Daily Digest », pour vous faire une idée de ce qui vous attend, avec une question différente par jour.
En plus des 23 heures de cours, vous aurez pour réussir le CAPM à travailler environ 100 heures sur le PMBOK (180 pour le PMP). Surtout n’oubliez-pas d’acheter votre PMBOK en anglais (cliquez sur l’image au début de l’article) étant donné que le QCM est aussi en anglais ! La différence entre les deux examens se fait d’une part sur le nombre de questions, mais aussi sur le fait que seul le PMP nous confronte à des questions « situationnelles », où il nous est demandé de donner la meilleure solution possible à un problème donné.

Toutes les réponses aux questions ne sont d’ailleurs pas dans le PMBOK. Tout le Body of Knowledge de la Gestion de Projet ne pouvait pas rentrer dans un seul livre. Pour compléter le PMBOK, le Project Management Institue nous invite dans les annexes à lire des livres proposés par d’autres éditeurs, comme McGraw-Hill et Gower Press.

La Certification PMI a-t-elle une place dans le monde de l’Entreprise 2.0 et du Web 2.0 en général ?

Certains disent que bientôt les outils Web 2.0 de Gestion de Projet seront tellement performants que l’on aura plus besoin de chef de projet. Quel intérêt, alors, d’être certifié ?

Avant d’en arriver là, on peut déjà parler de l’effet qu’a un chef de projet certifié PMI sur son équipe projet. Le PMBOK met l’accent sur le Développement et le Management de l’équipe projet, dans la rubrique « Project Human Resource Management ». En améliorant l’environnement de l’équipe projet, par la création d’une charte commune, par exemple, le chef de projet améliore la collaboration . Premier lien avec l’Entreprise 2.0.

La certification PMI n’est-elle pas un peu rigide dans le monde de l’Entreprise 2.0 ?

La Gestion de Projet est un domaine qui a désespérément besoin de rigueur et de bonnes pratiques. La complexité des projets au sein des entreprises est telle, à cause notamment de la multitude d’acteurs impliqués, mais aussi et surtout à cause des sommes souvent phénoménales qui sont mises sur la table, que l’à peu près ne peut-être toléré.

Alors la vraie question, quelle est-elle ? A mon sens, il convient plutôt de se demander ce que peut faire l’Entreprise 2.0 pour la gestion de projet, et la Certification PMI. Pour un grand nombre de processus décrits dans le PMBOK, le fait d’impliquer au maximum les membres de l’équipe projet (et donc de ne pas laisser le chef de projet faire ses petites affaires dans son coin), permet d’arriver à des résultats plus précis.

C’est notamment le cas dans le processus 6.1.2 : Définir les Activités. La définition précise des activités nécessaires au rendu des livrables est bien évidemment mieux faite lorsque chaque membre de l’équipe projet contribue à définir, à l’aide de ses connaissances et de son expérience personnelle, l’activité qui le concerne. Cet exemple montre bien que la collaboration est importante en Gestion de Projet. Si les outils orientés Entreprise 2.0 permettent de l’améliorer un sein de l’équipe projet, alors ils permettent tout simplement une meilleure Gestion de Projet !

Peut-on parler de Gestion de Projet 2.0 ?

De plus en plus de gens parlent de Gestion de Projet 2.0, notamment sur les blogs anglophones. Mais est-ce que c’est justifié ?
Je me suis naïvement demandé ce que le 2.0 venait faire là. C’est de fait la mode en ce moment mais au moins faut-il que ça porte du sens !

Sur le blog anglophone intitulé Project Management 2.0, Andrew Filev explique « l’impact des technologies Entreprise 2.0 sur la Gestion de Projets d’aujourd’hui, ainsi que sur les entreprises dans leur globalité » (source : son Blog, page About).
Le Project Management 2.0 serait donc tout simplement la Gestion de Projet mise à l’heure de l’Entreprise 2.0 ? Pour y voir plus clair, et si vous déchiffrez la langue de Shakespeare, on commence par un post sur Comment la Technologie Affecte la Gestion de Projet.

La Google génération, ou génération de l’instantané

L’auteur du post, Elizabeth Harrin, parle de la « Google Generation » à laquelle presque tous les internautes font partie désormais. De fait, les parties prenantes du projet ont l’habitude d’accéder à toute l’information qu’ils souhaitent d’un simple clic. Ils attendent donc du Chef de Projet qu’il réponde très rapidement à leurs questions sur l’avancement du projet, si ce n’est en temps réel. Auparavant, ils n’avaient accès à cette information qu’une fois par mois, lors des réunions de l’équipe projet avec toutes les parties prenantes. En résumé, le Chef de Projet doit plus que jamais être au courant de l’avancement de son projet.

Tout cela est intéressant, mais on d’une part en tant que Digital Native, je ne me sens pas concerné par cette « révolution Google », et d’autre part, on ne trouve aucune mention d’Entreprise 2.0 dans cet article !

J’ai donc cherché un peu dans le même blog une définition du Project Management 2.0 et je suis tombé sur ça : « Le Management de Projet 2.0 est une façon de manager les projets définie par l’utilisation d’outils de gestion de projet online, émergents et collaboratifs, et qui servent de moteur à l’intelligence collective, la productivité et le leadership projet, facteurs principaux du succès d’un projet. »

Même si l’auteur de cette définition n’en parle jamais, il s’est très fortement inspiré de la définition d’Andrew McAfee sur l’Entreprise 2.0. Cela se retrouve dans les termes utilisés (comme émergent !) ainsi que dans la façon dont est structurée la page.

Au-delà de ça, le sujet est très controversé. Dans les commentaires qui suivent la définition d’Andrew Filev, certains lecteurs disent que la collaboration n’a pas attendu le Web 2.0 pour se mettre en place dans les projets, et heureusement pour ces mêmes projets d’ailleurs ! La justification de ce « 2.0 » est donc difficile à faire. Je vous invite donc à vous faire votre propre opinion à l’aune de votre expérience personnelle ! J’attendrais en tous cas d’avoir plus d’expérience en Gestion de Projet pour voir ce que les outils apportent réellement.

Au passage, j’ai trouvé le terme « plog » assez amusant. C’est un type de blog dédié à la Gestion d’un Projet donné. Très Web 2.0 dans l’idée, cet outil permet à tous les membres de l’équipe projet de communiquer sur l’avancement de leur travail sans pour autant s’envoyer des tonnes de mails. Cela me semble par contre assez peu avancé par rapport même à un simple Google Docs, mais ça a le mérite d’exister !

Le Project Management 2.0 : une collaboration durable et permanente.

C’est en lisant cet article d’Andrew Filev sur l’Intelligence Collective que j’ai compris le sens du post d’ Elizabeth Harrin sur la Google Generation, dont nous avons parlé ci-dessus.

Les outils de l’Entreprise 2.0 appliqués à la Gestion de Projet (les outils PM 2.0, en fait) permettent une collaboration permanente entre toutes les parties prenante (stakeholders) au projet. Auparavant, tout le monde devait passer par le chef de Projet pour obtenir des informations sur l’avancement du projet et sur les attentes des autres parties prenantes. Aujourd’hui, tout le monde peut avoir accès à tout.

Cela crée de nouveaux risques, à mon sens, pour la Gestion de Projet. L’équipe projet peut de fait perdre le contrôle sur son projet si toutes les parties prenantes expriment des réserves en permanence, et surtout voir tout ce que font les autres en permanence. Il faut pouvoir, au sein des outils de Project Management 2.0, instaurer un contrôle sur l’information. Le client (customer) peut par exemple exiger d’avoir accès aux conversations de l’équipe projet en permanence, ce qui pourrait conduire à une inhibition des membres de cette même équipe.

Les dérives possibles sont nombreuses, et les Chefs de Projet 2.0 doivent en être bien conscient pour s’y préparer et choisir des outils qu’ils maîtrisent correctement. Le choix du bon outil se révèle en fait critique dans la réussite d’un projet.

Le Project Management 2.0 : de nouveaux défis pour les Chefs de Projet ?

Voilà ce qui fait, pour moi, l’intérêt de créer le terme Project Management 2.0 : que les Chefs de Projets prennent conscience des nouveaux enjeux auxquels ils vont devoir faire face. Les parties prenantes sont en effet de plus en plus conscientes des outils de Project Management 2.0, et elles vont surement vouloir être de plus en plus intégrées à l’avancement du projet, voire choisir carrément l’outil de Project Management 2.0, comme pourrait le faire le client du projet, par exemple.

La Certification PMI doit se mettre à l’heure de l’Entreprise 2.0.

J’ai parcouru le PMBOK Guide en long et en large et nulle part il est fait mention d’Entreprise 2.0. Les outils décrits par le Project Management Institute sont des Project Management Softwares, de façon très générale. Ils sont présentés essentiellement comme des outils d’aide à la décision.

Nous avons vu précédemment que l’Entreprise 2.0 (ou le Project Management 2.0, comme vous préférez, cher lecteur) fait peser de nouveaux risques sur les épaules des chefs de projet, et notamment celui de perdre le contrôle du projet par une omniprésence des parties prenantes dans toutes les étapes de ce même projet. Il doit donc y être préparé, et la Certification PMI est toute indiquée.

Apparemment, le Project Management Institute a créé un New Media Council, dont font partie Elizabeth Harrin et Andrew Filev, pour répondre à ces enjeux. Affaire à suivre !


avr 12 2010

Qu’est-ce que l’Entreprise 2.0 ?

Cela fait un mois maintenant que j’ai lancé ce blog sur l’Entreprise 2.0 et je ne vous ai toujours pas dit ce que c’était ! La plupart des acteurs et penseurs de l’Entreprise 2.0 ont leur propre définition, qui découle de leur expérience de l’entreprise et de l’arrivée des outils Web 2.0 dans cette dernière. Moi pas ! Je ne suis encore qu’un simple étudiant ; je me suis donc servi des réflexions des autres pour vous l’expliquer.

Andrew McAfee est l’éminent chercheur qui a créé le terme Entreprise 2.0 au printemps 2006. Pour lui, l’Entreprise 2.0 c’est l’utilisation de plateformes d’outils sociaux émergents à l’intérieur des entreprises, ou entre les entreprises et leurs partenaires et/ou clients.

Ca n’est pas forcément très clair au premier abord, ni même au deuxième d’ailleurs. Pour l’expliquer, McAfee précise les termes suivants :

  1. Emergents : les systèmes émergents comportent un grand nombre d’acteurs autonomes qui agissent en suivant leur intérêt propre. Chacun fait ses petites actions, contribuant par là à créer un système global et très structuré (comme une fourmilière). Les intranets des entreprises, gérés par le service SI, ne sont de fait pas émergents, contrairement aux outils Web 2.0 qui permettent notamment de placer des tags ou des liens hypertextes. McAfee ajoute que les outils à but communautaire et pas individuel, comme les Digg-like de type Wikio favorisent cette émergence, mais risquent de croitre moins vite que les outils que les internautes utilisent pour eux-même.
  2. De forme libre : optionnels, pas affectés par la hiérarchie de l’organisation, et acceptant plusieurs types de données.
  3. Plateformes : environnements digitaux où les contributions et les discussions sont visibles globalement et durablement (ce qui exclut les mails et les messages instantanés de type Skype ou Messenger).

Poursuivons avec Bertrand Duperrin qui produit régulièrement du contenu sur l’Entreprise 2.0.
B.Duperrin critique la vision d’Andrew McAfee, plus focalisée sur les outils qui font l’Entreprise 2.0 que sur l’entreprise elle-même. Je le cite : « l’Entreprise 2.0 n’est pas une entreprise qui utilise des blogs et des wikis ». De fait, dans sa définition, McAfee ne considère pas les dynamiques portées par les individus à l’intérieur de l’entreprise, mais se concentre seulement sur les outils.

Voilà la définition de Bertrand Duperrin sur l’Entreprise 2.0. N’hésitez pas à lire toute la page où il décrit le processus qui l’a amené à cette définition : c’est très instructif.

« L’entreprise 2.0 est la mise en œuvre d’un ensemble de moyens permettant l’éclosion de dynamiques portées par les individus dans le but d’adapter l’entreprise aux enjeux de l’économie de la connaissance et aux évolutions sociétales, sous contrainte de sa culture et de son contexte. »

Dans la définition de Duperrin, on retrouve bien la mise en œuvre d’outils, mais cette fois avec comme pré requis un certain contexte au sein de l’entreprise. Pensons aux outils de l’Entreprise 2.0. Pour McAfee, ils doivent être d’un certain type (émergents, notamment), alors que Duperrin précise qu’ils doivent permettre à de nouvelles dynamiques d’éclore au sein de l’entreprise.

Ce sont des dynamiques similaires à celles auxquelles on a assisté ces dernières années, portées par le Web 2.0 (ce côté petites contributions pour résultat global et très structuré, bien décrit par … McAfee) et les outils du même nom. Elles ne demandent qu’à arriver en entreprise, pour peu que ces dernières aient la culture adéquate et les outils adaptés.

A mon sens, McAfee et Duperrin parlent bien de la même chose. Le premier se focalise sur les outils, le second sur l’entreprise et les individus. Cependant, on se rend bien compte que la définition de Duperrin est plus proche de la réalité car plus complète : les outils seuls ne pourront jamais permettre à une entreprise de devenir tout à coup « 2.0 ». Tout d’abord parce que cela peut nous amener à croire que tel outil est mieux que les autres, ou, pire, que tel outil fonctionne dans toutes les entreprises. On manquerait ainsi l’étape majeure d’observation – analyse des comportements des employés au quotidien, qui permet simplement aux outils 2.0 d’être utiles et … utilisés.

Désormais vous devriez à peu près savoir de quoi on parle ! La question qui se pose maintenant c’est … à quoi ça sert ? L’éclosion de dynamiques portées par les individus, oui, mais dans quel but ? Tout cela sera le sujet d’un prochain article.


avr 6 2010

Green IT et Cloud Computing : Quels Sont les Nouveaux Enjeux du IT Management ?

Le Green IT, ou Green computing est le terme anglo-saxon qui correspond, chez nous pauvres Gaulois, aux éco techniques de l’information et de la communication ou, en abrégé, éco-TIC.

Les conséquences environnementales de la croissance exponentielle de l’utilisation de l’informatique et du Web sont de plus en plus présentes dans la conscience collective. On peut cependant être assez cynique pour dire que ce qui amène la plupart des DSI vers le Green IT, ce sont les dépenses énergiques phénoménales de leur parc informatique. De fait, en moyenne, 10% de leur budget est absorbé par la consommation électrique de ce parc (source Wikipedia).

L’objectif du Green IT est donc de mesurer et d’améliorer les performance énergétiques de l’outil informatique. Disposer de mesures précises permet de prendre des décisions à la fois économiques et écologiques, lorsque vient le moment de faire un choix de matériel. On ne mesure d’ailleurs pas seulement la consommation électrique des appareils, mais aussi la bande passante utilisée sur les serveurs, par exemple.
En moyenne, les serveurs en entreprise ne sont utilisés qu’à 20% (source Wikipedia). Un DSI voulant réduire la consommation en électricité de son entreprise pourrait donc faire le choix de prendre un serveur plus petit et moins gourmand en énergie, et de mettre à disposition une solution externe à l’entreprise lorsque des pics de consommation de bande passante sont enregistrés.

Le Green IT ne se limite cependant pas aux serveurs propriétaires des entreprises. L’IT management voit de plus en plus d’initiatives de Cloud Computing. Traduit littéralement par «l’ informatique dans les nuages », le Cloud Computing permet aux entreprises d’accéder à des solutions évolutives en ligne (Salesforce, par exemple, propose une solution de gestion CRM), sans qu’elles soient propriétaires des serveurs, et d’accéder aux solutions par l’intermédiaire d’un simple navigateur web. Le Cloud Computing fait ainsi le pont entre Green IT et Entreprise 2.0, lui ajoutant de nouvelles problématiques. Je pense moi qu’une entreprise ne peut pas être 2.0, et donc, en prenant un très gros raccourci, « d’avenir », sans être durable dans ses pratiques et ses usages.

La consommation électrique des serveurs n’est ainsi plus supportée par les entreprises, mais plutôt par les géants comme Google qui proposent ces solutions. Le problème c’est que ces entreprises construisent de fait des data centers de plus en plus importants et donc de plus en plus gourmands. Ainsi, dans son étude de mars 2010, Greenpeace épingle Apple pour la construction d’un data center à 1 million de dollars, alimenté principalement par des sources carbonées (charbon).


Le Cloud Computing que les entreprises auraient pu prendre comme LA solution en matière de développement durable n’est pas si vert que cela
. Les géants du data center doivent donc recourir le plus possible aux énergies renouvelables pour construire des solutions durables, comme Yahoo et son datacenter de Lockport, qui est alimenté à 100% par une centrale hydroélectrique . Ils doivent aussi optimiser la consommation électrique de leurs centres comme HP qui, début mars 2010, a inauguré un data center parmi les plus performants au niveau énergétique grâce au recours à l’air extérieur en lieu et place de la climatisation, la récupération de l’eau de pluie pour maintenir un taux d’humidité convenable dans le data center et les racks des serveurs peints en blanc pour limiter l’éclairage nécessaire à l’intérieur du data center. Facebook, pour sa part, a développé le protocole HipHop, qui permet de transformer le code PHP en C++, réduisant de 50% le temps de chargement des pages, ce qui permet de limiter le nombre de serveurs nécessaires au bon fonctionnement de l’application web.

Vous l’aurez compris, les géants des data centers doivent adopter un comportement responsable au moment des choix des centres mis en œuvre. Le critère PUE (Power Usage Effectiveness), qui compare la consommation électrique du centre à celle des équipements informatiques qu’il contient est un bon départ, mais n’est pas suffisant. Finissons tout de même sur une note positive : les IT ne représentent actuellement qu’un peu plus de 2% des émissions de CO2 dans le monde. Ils aident d’ailleurs à réduire les émissions des autres secteurs d’activités et des autres fonctions de l’entreprise.

La téléprésence, par exemple, s’attaque aux voyages d’affaires qui représentent selon la WWF 50% des émissions en CO2 des entreprises. Des entreprises ont d’ailleurs développé des outils pour mesurer le gain économique et environnemental permis par la téléprésence.

Les managers mettant en place des dynamiques 2.0 en entreprise doivent à mon sens bien avoir ces informations en tête, pour que leur entreprise s’inscrive dans la durabilité et adopte des usages responsables, en privilégiant par exemple des data centers alimentés par des sources d’énergies renouvelables. Restent les problèmes du recyclage du matériel informatique et du comportement des utilisateurs, mais c’est un autre débat, et pas des moindres …

EDIT du 20/04/2010 : Je me suis inspiré lors de l’écriture de cet article de la définition de Wikipedia (proposée dans le lien ci-dessus). Elle est de fait assez imprécise, et pour avoir une idée plus globale de ce qu’est le Green IT et des évolutions des pratiques dans ce domaine, je vous conseille de jeter un œil à la tentative de définition de GreenIT.fr