
EPISODE I : COMMENCER AU BERCEAU
A l’école, on nous a toujours exhortés à l’individualisme : ne pas copier sur le voisin, avoir les meilleures notes de la classe, etc., le comble du comble étant les classes prépas, ou le vice est poussé à l’extrême. Et puis, tout à coup, en arrivant en Ecole de commerce, on nous demande des travaux de groupe à la pelle. Quoi, les profs ont la flemme de corriger ? C’est ce que nous pensons naïvement au départ, même si il y a surement une part de vrai là-dedans. Non, notre esprit n’est absolument programmé pour cela. Depuis 20 ans, nous travaillons pour notre petite personne, et nous ne voyons vraiment pas pourquoi ça devrait changer.
Je me suis rapidement rendu compte que, à part pour certains projets très motivants qui sont finalement peu nombreux, nous restons très individualistes dans notre façon de travailler.
Nous rechignons à aller aux réunions qui sont un gaspillage de temps considérable étant donné que nous sommes habitués à travailler seul, nous cherchons tous à avoir la partie du travail qui nous paraît la plus valorisante (toujours pour avoir la meilleure note possible et se faire mieux voir par le professeur, même si ça se passe souvent à un niveau inconscient) et imputons aux autres la responsabilité d’une mauvaise note, le cas échéant. C’est vrai que ça peut sembler ridicule écrit noir sur blanc comme ça, mais c’est la réalité : nous faisons tous, ou presque, ça d’instinct.
Et donc ces brillants élèves que nous sommes, l’élite de la France dont je fais bien évidemment partie, vont devoir tout à coup collaborer en entreprise. N’y-a-t’il pas un hic dans l’histoire ? Heureusement, on fait des stages avant de faire le grand saut dans le business parce que 20 ans de câblage individualiste, c’est dur à défaire !
Je ne vais pas vous proposer de réformer l’école, ça n’est vraiment pas mon rôle et je risquerais fortement de vous dire des conneries. Par contre, je pense que nous devons tous avoir à l’esprit que c’est en collaborant que l’on produit les meilleurs résultats, et il faut donc y mettre toute notre bonne volonté. Les études jusqu’au lycée, et même après dans le supérieur, ne se prêtent pas forcément à la collaboration parce que les concours et les examens sont individuels. Il y a cependant de nombreux projets qui se font à plusieurs et d’ailleurs même pour les travaux individuels il est possible de collaborer, en partageant des outils, des astuces, etc.
Si vous avez fait quelques recherches, vous pouvez lire un peu partout que les outils du web 2.0 ne sont pas la pilule miracle pour améliorer le travail en équipe en entreprise. Cependant, je pense que pousser une équipe projet, par exemple, à les utiliser au quotidien peut amener ses membres à prendre de bonnes habitudes. Collaborer au travail, ça s’apprend !
EPISODE 2 : LES FAIRE UTILISER LES BONS OUTILS
Il existe désormais de très nombreux outils dédiés à la gestion de projet et la collaboration en équipe projet. La plupart sont payants ou proposent une durée d’essai de 30 jours. Il y a quelques jours, la
liste des 15 meilleurs outils de gestion de projet circulait sur Twitter. J’ai testé Teamwork, pour le comparer à Google Docs, que nous utilisons dans mon équipe projet actuellement. Le problème de Google Docs, c’est que ça n’est pas très intuitif. Les membres de notre équipe projet, pas vraiment sensibilisés aux enjeux de la collaboration (on est en Ecole je vous rappelle !), préfèrent utiliser le mail dès qu’ils ont besoin de faire passer un message ou un fichier, et travaillent chacun dans leur coin. Pour travailler ensemble, nous avons besoin de faire des réunions « physiques ». L’autre problème c’est que
ce type de logiciel est souvent perçu comme un « truc de geek » hors de l’entreprise, et ce par 90% des gens. Certains ne prennent même pas la peine de s’inscrire aux groupes quand on leur propose :
c’est bien l’adoption des outils 2.0 qui est problématique ici.
Teamwork est plus complet que Google Docs, mais encore une fois il me paraît trop peu intuitif pour des étudiants qui ne sont pas en entreprise, et qui ne se sentent donc pas obligés de « s’y mettre ».
EPISODE 3 : RESTER PATIENT ET LES INCITER, … SANS LES FORCER
Il préconise d’ailleurs dans ce même article d’éviter de sortir de mot « social » à tout bout de champ. Cela me semble très censé notamment parce que les DGs et les managers ne veulent pas avoir l’impression de diriger un camp de vacances. Par contre, pour des étudiants ? Je pense que la dimension ludique des outils peut aider à l’adoption de ces nouvelles façons de collaborer. C’est un point à ne pas négliger en Ecole de commerce, d’ingénieurs (quoique leur culture plus informatique doit aider !) ou tout autre équipe projet composée de Digital Natives, irrésistiblement attirés par les outils ludiques et les jeux.
Ces outils 2.0 donnent les moyens aux équipes de mieux collaborer. Cependant, sans la motivation, sans une volonté de collaborer pour atteindre un objectif commun, l’adoption seule des outils 2.0 ne sert à rien. C’est un des points développés dans le livre de Morten T. Hansen,
Collaboration: How Leaders Avoid the Traps, Create Unity, and Reap Big Results, dont j’essaierais de vous faire un petit compte rendu un peu plus tard.